Il était une fois...
Par ns le jeudi, août 14 2008, 23:41 - partage - Lien permanent

Il était une fois une petite ville , dont les habitants s’étaient barricadés derrière de hautes murailles.
A l’intérieur, hommes, femmes, enfants, chiens, chats, poules et le reste, vivaient dans une grande peur.
Défense de sortir, hein les enfants, les chiens, les chats, les femmes et le reste...sinon le grand méchant loup vous mangera !
Là ce n’était pas une menace en l'air pour effrayer les enfants désobéissants et les femmes insoumises, c’était la vérité dans toute sa nudité : un loup cruel attaquait et mangeait tout ce qui avait l’audace de sortir des murs effrayés de la petite ville…
Les mangés se comptaient par dizaines et des restes déchiquetés finissaient de pourrir aux pieds des murailles… attirant par dizaines aussi les charognards goulus (ça fait peur, hein !) Je résume.… Les gens vivaient prisonniers derrière leurs murs, ils vivaient dans la peur.
Le loup vivait à l’extérieur, libre d’aller et de venir, mais tourmenté par une faim cruelle… et tourmentant à son tour les villageois. Cercle vicieux.
Un jour arrive dans la ville un voyageur du nom de François.
Aussitôt les habitants s’inquiètent : comment ? Tu as osé venir jusqu’ici ?
Tu ne connais pas la grande peur qui nous oblige à nous retrancher derrière des hautes murailles, des remparts infranchissables, avec système d’alarme des plus perfectionnés pour dénoncer le plus petit frôlement >suspect venant de l’extérieur ?
Non ? Tu ne sais pas ?
On voit bien que tu n’es pas d’ici ! Il y a dehors un terrible loup qui attend que nous sortions, pour se précipiter sur nous et nous manger !
François de répondre : comment ? Un loup qui vous tourmente, vous menace et vous mange ? Non je ne l’ai pas rencontré… foi de François
Et…vous avez peur de ce loup ? Vous avez raison, il semble, d'après ce que vous me dites, qu’il soit très dangereux !
Et le loup vous mange si vous sortez ? Ah! oui! dans ce cas, je comprends que vous vous protégiez !
Mais au fait… lui avez-vous parlé ? Lui avez-vous demandé pourquoi il vous mange ?
Tu es fou ! Répondent les villageois en chœur. On te dit qu’il nous attaque dès que nous osons mettre un doigt de pied dehors… tu es sourd ou quoi ? Tu comprends le Français ?
(ben sans doute que non... il est Italien ce François…)
C’est vrai ! dit François, c’est pas une vie ça… Euh... Je vais tenter de voir ce qu'il veut... Je vais lui parler!
Et il part sous les yeux horrifiés de la foule qui sait déjà ce qui va se passer… hélas…
François franchit donc les murailles avec un petit chiffon blanc attaché à son bâton de pèlerin (ça , c’est Coumarine qui le dit ,celle chez qui j'ai trouvé le texte .)
Le loup vient à lui, menaçant, ouvrant déjà un gueule réjouie, préparant ses crocs acérés, impatient de croquer ce beau bout de viande fraîche (juste un peu maigre à son goût)
Mais François interrompt ses ardeurs (c'est un hypnotiseur de loup bien connu!) et se met à lui parler, à lui demander pourquoi il mange les habitants, à lui dire que ceux-ci n’osent plus sortir. (Un vrai dialogue quoi...)
- Ils ont raison répond le loup, je les mange, ils ont intérêt à se cacher!
- Et pourquoi donc les manges-tu ?
- Cette question ! Parce que j’ai faim tiens… !
- Et si tu n’avais plus faim, les mangerais-tu encore ?
- Non répond le loup, je vivrais ma vie de loup, et eux leur vie d’hommes... et de femmes, d'enfants, de chats, de chiens, et le reste…
Alors François propose un pacte avec le loup : tous les jours il recevra un bon repas préparé par les habitants de Gubbio, en échange de leur liberté, en échange de leur peur…
Et ainsi fut fait. Et ils vécurent heureux en bonne entente.
Cela a l’air simple non ? Du genre, tout le monde il est beau, il est gentil ! Une belle petite histoire qui finit bien...
Vous n'y êtes pas ! C'est bien plus que ça...
......
Le loup, ce sont nos blessures d’enfance. Nous sommes tous blessés: c'est pourquoi nous vivons (survivons bien souvent!) dans des peurs qui nous enferment, qui nous coincent.
Si nous apprivoisons « le loup », si nous pactisons avec lui et surtout si nous lui parlons, lui posant les bonnes questions, si nous osons aller à sa rencontre plutôt que de le fuir comme étant "dangereux"… les blessures ne vont pas disparaître pour autant, mais elles nous laisseront libres… libres d’aller et venir notre vie…
Je sais, rien n’est simple, et je dis tout cela un peu vite, dans un raccourci bien trop rapide… mais franchement cette histoire j'ai eu envie de vous la partager
Ne pas oublier : le loup est toujours là ! Mais apprivoisé…
Commentaires
Y'en a qui seront le pourquoi de cette histoire...!